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27.05.2008
Heureux évènement
Je tente de l’éviter, elle et son ventre rond et chaud, cette suave odeur de lait et de rose, de petit pain chaud capiteux qu’elle exhale et qui m’écœure, cette douceur sûre d’elle, cette sérénité rayonnante, cette « force tranquille » de femme bientôt mère.
Mon regard dévie en diagonale, prétendant ne pas voir, ne pas remarquer les 6 mois proéminents. Faire comme si je ne savais pas, cantonner les conversations au strict usuel, au pratique impersonnel, verrouiller toutes les portes, les échappatoires, les passerelles potentielles vers ses épanchements pré-nataux, échographie et table à langer, vers cette nouvelle vie avec bébé qu’elle fait germer à l’intérieur.
Elle me dégoute. Elle m’infériorise moi et mon ventre vide.
Moi et ma solitude.
Moi et mon corps au chômage.
Je maudis ce visage victorieux qui trône au sommet de cette colline palpitante qui lui pousse sur l’abdomen.
Je déteste cet ascendant qu’elle prend sur moi, implicitement, avec tout ce bonheur érigé en masse compacte et exhibitionniste. Je déteste ce bonheur qui forme une membrane solide et invincible à la surface de son être, la protégeant de tous les coups extérieurs, de l’adversité.
Rien ne peut l’atteindre : l’amour grandit en elle, l’amour diffuse toute sa sève, tous ses anticorps, tous ses antidotes contre le mal. Elle détient la preuve vivante et indiscutable qu’elle est aimée. Quoiqu’il advienne, rien n’effacera ce qui a été, pas même le sable.
L’angoisse, la peur, la rancœur, l’hostilité glissent le long de son cocon étanche.
Plus rien ne lui importe, plus rien ne la préoccupe. Elle est au-dessus de nos imbéciles tracas matérialistes si triviaux. « Je ne peux pas comprendre. » Elle touche au mystique.
Dans son petit sourire triomphant et ses yeux narquois, je peux lire « Tu vois, j’ai eu ce que je voulais. J’ai gagné. », cueillant l’admiration et les félicitations comme les fleurs multicolores d’un bouquet de cérémonie, comme autant de trophées de sa supériorité féminine.
Je ne comprends pas mon malaise à la vue de cette grossesse proche et menaçante.
Je n’ai pourtant aucun désir de « procréer ». Je préfère créer.
Je ne comprends pas ces femmes qui pensent "enfants" alors qu’elles sont célibataires ou qui envisagent d’enfanter seules. Pourquoi cette volonté d’auto-reproduction, de duplication autonome, ce désir ex-nihilo d’enfant non stimulé par l’amour d’un homme ?
Bien que très narcissique, je n’ai absolument pas envie de me reproduire en tant que telle.
Si j’aimais quelqu’un, ce désir pourrait éventuellement m’effleurer mais uniquement par souci de possession. Mieux posséder, m’attacher l’homme que j’aime par ce maillon indestructible que représente l’enfant qui scelle en lui, pour toujours nos deux êtres. En d'autres termes, une très mauvaise raison de faire un enfant, me répondrait sans doute un psy...
Une amie, pourtant débordante de projets et de créativité, me disait qu'avoir un enfant était pour elle "un aboutissement", avoir quelqu'un derrière elle quand elle ne serait plus, quelqu'un à qui léguer ce qu'elle avait acquis pendant sa vie... Etrangement elle n'évoquait pas en premier lieu le plaisir de s'en occuper et de l'élever. J'ai eu l'impression qu'elle répondait davantage à un devoir social qu'autre chose, même si je suis certaine qu'elle fera une très bonne mère et qu'elle sera heureuse. Je serai aussi une bonne mère, je suppose, si j'en éprouvais foncièrement l'envie.
Dans la société de reproduction, on se reproduit et l’on reproduit les comportements de nos pairs. On passe son temps, sa vie à imiter nos parents, les Autres, de génération en génération, pour les siècles des siècles, l’humanité se clone et se multiplie minutieusement.
Je me demande souvent quelle est la part de libre arbitre de mes actes, de mes décisions, sans doute inexistante. Tout est conditionné, le résultat d’une constante éducation et d’une vigoureuse exposition aux schémas dominants.
J’ai beaucoup joué à la poupée, mon regard s’arrête toujours avec tendresse sur les petits croisés dans la rue. J’aime les enfants, vraiment, je les trouve fascinants et souvent beaucoup plus intéressants que bien des adultes. J’aime leur parler, partager leurs jeux.
Mais ce que je ressens en leur compagnie c’est une nostalgie de mon enfance bénie, de l’insouciance perdue. Jamais l’envie de passer de l’autre côté du miroir.
Ce n’est ni un besoin ni un but et encore moins un instinct. Mon horloge biologique résonne aux abonnés absents. Au moins une frustration qui m’est épargnée.
Alors pourquoi cette (récente) anxiété, cette gêne à la vue de ce ventre rond, de ces mères de mon âge à la sortie des écoles ou dans les squares ?
Toujours le sentiment d’anormalité, de non-conformité, de déficience.
Ce rappel cruel de la société à mon égard : je ne suis pas comme elles. Et je ne le serai probablement jamais. Cette angoisse de la différence, de la marginalité, de m’exclure toujours un peu plus. Irrémédiablement…
17:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.05.2008
Esthéticienne (3)
(suite)
Je sens son raidissement, l’incompréhension, la stupeur qui s’empare de ses neurones dressées à l’école des femmes à la peau lisse et imberbe.
Je sens les reproches, l’indignation qu’elle retient dans sa salive qu’elle peine soudain à déglutir. Je n’entre pas dans ses cases habituelles, celle de "la retouche", de "l’entretien courant".
Celle de la femme normale et normalisée, conforme aux critères en vigueur.
Et avant que les soupçons ne l’assaillent : Comment ? Pourquoi ?
Avant que son regard perçant d’experte n’ait le temps de calculer le nombre de mois de ces jeunes pousses et d’en établir le rapprochement honteux avec celui des mois d’abstinence (car quel homme accepterait une femme aussi "négligée", franchement ?), je brandis mon alibi, coupant court (épilation oblige) à toutes ses déductions :
- Désolée, je n’ai pas pu m’épiler ces derniers mois pour cause de traitement.
Le Roaccutane (mot savant prononcé avec un peu d'emphase, censé impressionner et déstabiliser et que je connais pour l’avoir en effet utilisé il y a quelques années). La peau est sensibilisée, il faut éviter toutes les irritations (air grave), même si c’est dur de rester comme ça, bien sûr (air désolé). Mais bon c’est médical (argument massue qui doit neutraliser toute réplique supplémentaire).
- C’est un traitement contre l’acné c’est ça ?
- Oui voilà c’est ça, quelques résidus de l’adolescence persistants… Enfin bref !
- Vous prenez quoi comme pilule ?
- (aïe, je l’avais pas anticipé celle-là !) Heu… je ne prends pas la pilule, je réponds trop vite réalisant en même temps l'énormité … (la spontanéité n'est pas mon fort, c’est bien connu).
- (blanc de stupeur). Mais vous faites comment alors ?!
- Non… heu en fait disons que je ne la supporte pas. Je la prenais bien sûr avant mais vous savez, dérèglements hormonaux, blabla.
- Diane 35 c’est minidosé et très efficace. J’ai eu le même genre de problème et tout est rentré dans l’ordre après.
- Oui, je sais bien mais bon je ne supporte pas…
- C’est bizarre. Ca doit être dur quand même sans pilule ?! (sourire de compassion « entre femmes »)
- Oh vous savez je me débrouille… hum…, bon, on se la fait cette épilation ?
22:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.05.2008
Esthéticienne (2)
Esthéticienne : spécialiste de « la mise en beauté » des femmes.
Spécialiste de la mise en conformité.
Esthéticienne… Drôle de métier. Métier de l’esthétique. Les critères esthétiques des femmes.
Les critères de valeur des femmes pour devenir ou rester la plus belle image possible.
Métier de femme pour les femmes qui veulent plaire aux hommes (certaines essaient quand même de se persuader que c'est "pour elles-mêmes"). Fées aux mains douces et maîtresses autoritaires qui dorlotent d’une main et rudoient de l’autre. Elles pétrissent, raffermissent, modèlent, extraient, arrachent, repulpent ou regonflent ; elles alimentent les illusoires espoirs des chairs qui ballottent, s’étalent ou se gondolent.
Ces trompeuses bienfaitrices qui entretiennent le mythe du « souffrir pour être belle ».
En vérité, rien ne mérite qu’il faille souffrir.
A l’heure dite, je me suis donc présentée dans ce « salon de beauté », avec la honte du cancre qui sait qu’il n’a pas fait ses leçons mais espère tout de même que cela ne se remarquera pas (trop). Je me suis approchée avec ma peau nuageuse, mes jambes ombrées, mon front et les ailes du nez un peu luisantes sous la chaleur. Je me suis approchée de leur visage matifié et caramélisé et de leurs ongles french-manucurés.
Au milieu des « miroirs, miroirs », j’ai offert mon corps à l’esthéticienne, dans l’alcôve tapissée de serviettes blanches et de confidences de femmes complexées.
Elle sent un parfum bon marché au mimosa, ses sourcils suivent un arc de cercle squelettique. Je crois qu’elle est plus jeune que moi. De dos, elle remue avec application sa spatule dans la mixture jaunâtre comme Panoramix son chaudron.
Allongée en petite culotte, pâle et tremblotante, j’attends qu’elle me déplume avec son sourire ferme et convaincu de justicière des vénus modernes. J’essaie d’imaginer sa vie penchée sur les mollets et les entrejambes duveteux, sur les chairs molles et fragiles où courent les ruisseaux bleutés, les deltas violacés, sur les capitons et les comédons, sur les tissus fripés, les haleines et les aisselles aigres.
J’essaie d’imaginer son paysage quotidien : des mètres et des mètres carrés de surfaces poileuses à désherber, à défricher sans relâche. Sans relâche repousser, refuser, lutter contre les lois de la nature. Les esthéticiennes, ces Sisyphes pubiens.
Soudain elle se retourne, armée de ses bandelettes, examinant et évaluant l'étendue "des dégâts".
J’ai déjà préparé la réponse à sa question muette, uniquement trahie par le haussement imperceptible de ses sourcils en accent circonflexe. Ma justification, mon mot d’excuse qui expliquera l’inexplicable : le poil de plus de 2 millimètres qui s’épanouit à son aise, bien au-delà des limites autorisées…
(suite à suivre, toujours... j'écris lentement ;-)
17:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.05.2008
Esthéticienne (1)
Je ne m'épile pas beaucoup et pas souvent. Le minimum minimae.
Ce n'est pas une démarche militante ni féministe. Simplement mes poils ne me gênent pas. Les poils gênent la société, les hommes.
La société, les hommes ont décrété que les femmes devaient être glabres.
En plus d'être toujours jeunes, souriantes et minces. Les poils ce n'est pas joli, pas "hygiénique". Les poils ce n'est pas féminin. Le naturel ce n'est pas féminin.
(Rare) avantage de ma puberté tardive, j'ai pu échapper, jusqu'à presque 18 ans à ce rituel barbare.
Cela n'aura pas empêché les collégiens de me railler quand ils découvraient le fin duvet incolore à peine visible sur les mikados qui me servaient de jambes.
Etre une vraie femme c'est aussi s'épiler, quand bien même cela serait parfaitement inutile.
J'ai résisté jusqu'à ce que ma pilosité arrive à maturité. Là j'ai cédé : je suis faible, je n'aime pas déplaire.
Même en ayant la chance d'avoir une pilosité de blonde (que je ne suis pas), j'ai compris que ce n'était pas politiquement correct. Indécent même. Du moins lorsqu'ils sont exposés à la vue d'autrui. Ce qui signifie que durant les saisons froides, je ne me donne pas cette peine, bien camouflée sous les épaisseurs et les longueurs. Et puis, comme personne ne me voit nue dans l'intimité, il n'y a vraiment aucune raison valable de m'infliger cette mutilation.
C'est seulement lorsque le soleil fait retentir l'appel du court-vêtu, des plages et des piscines, que je m'y résous (à rebrousse-poils bien entendu). J'aime trop sentir le vent et la chaleur sur mes jambes nues pour me résigner aux dissimulations textiles, comme les femmes doivent sortir voilées dans les rues d'Orient.
Nous n'avons finalement pas tellement plus de liberté de nos corps de ce côté-ci du globe. La police religieuse s'appelle ici diktat de l'apparence. Invisible mais toute aussi répressive.
Alors je rends visite aux gardiennes de l'Ordre public corporel féminin. Je vais régulariser le désordre de la Nature, contenir et tailler mes débordements, façonner un corps acceptable et désirable pour les yeux des hommes.
J'ai donc réservé mon rendez-vous chez l'esthéticienne (non merci pas d'UV ni de modelage drainant juste une épilation maillot/demi-jambes, j'aime beaucoup cette expression hypocrite de "maillot" et ses différentes "formules" très imagées "ticket de métro", "brésilien" qui pourraient presque faire passer cette torture intime pour un loisir rigolo). Je reste dans le classique pour ma part. Juste ce qu'il faut pour passer du statut de "rebelle" à "belle" ou au moins présentable...
Suite à venir... ;-)
17:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.05.2008
Should I call or should I stay... ?
J'ai extrêmement envie de l'appeler. Enfin, je ne sais pas s'il s'agit vraiment d'une extrême envie ou juste d'une extrême solitude en quête d'un palliatif facile et rapide.
Il n'y a pas eu d'adieu ni d'au-revoir, ni de cris ni de larmes, ni même d'altercation.
Juste le silence. Le pire.
D. n'a pas répondu. D. n'a plus répondu. D. n'a pas insisté. Les hommes n'insistent plus dans la société interchangeable.
Il s'est évaporé, comme les autres, en grains de sable. Il m'a effacé de sa mémoire vive aussi promptement que l'on supprime un fichier gaspillant inutilement l'espace.
D. a rejoint ce monde invisible où disparaissent les hommes qui deviennent un jour silencieux, après une poignée de rendez-vous.
Pourtant D. est un peu différent des autres. Il a failli me plaire. Un soir alors qu'il me raccompagnait, il y a eu ce fourmillement presque inédit, cette fébrilité fabuleuse, ce laissez-passer que mon esprit accordait enfin à mon corps. Il n'avait plus aucune objection. D. me plaisait. Entièrement, intégralement, sans restriction.
Et là, j'ai pris peur : la voie était libre. Tout était parfait. Trop parfait...
Je me suis esquivée ce soir-là, en emportant mon trouble chaud et palpitant au creux de mes bras.
Folle de joie, folle d'espoir. Mais quand j'ai revu D., mon désir m'a fait faux bond. Comme un enfant capricieux se tapit sous son lit quand on l'appelle à table. Mon désir a refusé de passer à table et encore moins à la casserole...
Pourtant je ne peux m'empêcher de m'accrocher à cette possibilité de désir. Je l'ai "vu" comme disent les miraculés. Je l'ai senti, si proche. J'ai un besoin viscéral de croire à ce mirage là.
J'ai besoin d'une perspective, d'un horizon sans cela je vacille et sombre dans cet infini trop vide.
Je ne suis sans doute rien pour lui. Rien de plus qu'une fille potentiellement "baisable" avec qui il a essayé, et avec qui il n'a pas pu "conclure" assez vite. Une simple auto-stoppeuse sur sa route jalonnée de jupons tout aussi tentants et plus volages que le mien. Je ne lui en veux pas et je crois même que c'est quelque chose qui me plait (ce qui n'exclut pas la souffrance), cette indépendance, cette nonchalance qu'il a.
Qui est attiré par la facilité et l'accessibilité ?
Sa réaction est légitime, je l'admets. Une femme qui vous invite à plusieurs tête-à-tête, qui plus est le soir (le soir c'est comme faire une déclaration implicite), et vous témoigne d'un intérêt certain, tout en prétendant vouloir seulement vous connaître et ne pas même daigner vous offrir ses lèvres, ne peut être qu'au mieux une paumée qui ne sait pas ce qu'elle veut, une coincée ou au pire une salope.
Oui... Comment expliquer à un homme, sans le blesser dans son orgueil viril, qu'il ne vous plait pas encore tout à fait ou plutôt qu'il vous a plu, à un certain moment, mais que l'effet s'est évanoui (où ? vous ne savez pas hélas !) et qu'il ne vous reste que des incertitudes mais qu'il ne vous déplait pas tout de même ? Avouez que c'est très compliqué (je n'y comprends pas grand chose moi-même...).
Comment expliquer que vous avez besoin de l'apprendre encore, de l'apprivoiser pour abolir les distances, que vous attendez de nouveau cet élan, cette pulsion irrésistible... ?
Comment lui demander d'être patient, sans manifester sa frustration ni d'attente exacerbée, comment enfin lui faire accepter que tous ses efforts ne seront peut-être récompensés par "rien" sinon d'avoir passé quelques "bons moments" (mais ces "bons moments" n'auront-ils peut-être été pour lui que des corvées, une perte de temps, parce que franchement, boire un verre, dîner et pire bavarder avec une femme si ce n'est pas pour monter chez elle après, à quoi cela sert-il ?). Pourquoi les hommes n'aiment-ils donc pas nous parler ? Est-ce si pénible ?
D. n'est pas "beau". D a "quelque chose".
Quelque chose de plus fort que la simple beauté physique.
Mais pourtant, je l'avoue, avec culpabilité, c'est son visage qui m'a arrêtée.
Quelle déception d'être limitée par de simples détails "géométriques" tellement superficiels.
Je m'en suis voulue et puis j'ai voulu le dépasser et laisser le temps faire son œuvre.
Mais les délais étaient déjà écoulés et D. s'avilissait dans son impatience d'homme désirant.
Car c'est quand un homme reste désinvolte, qu'il ne s'y attend pas, que j'ai alors envie de m'en rapprocher le plus. Quand un homme me parle comme à un être-humain et non comme à une proie sexuelle que je le désire le plus.
Je sais, je sais, j'en demande trop. Car comment vouloir une chose et son contraire, le chaud et le froid ?
Comment exprimer ce qui ne se dit pas, cette myriade de petits signaux et perceptions que l'on s'envoie à notre insu et qui font osciller les aiguilles de nos désirs, sans aucune logique à tout cela.
Mais je crois que je peux, encore, demander tout cela à D.
J'ai l'impression qu'il peut revenir et comprendre.
Mais est-ce ma raison, mon intuition qui parle ou simplement ce manque absolu de quelqu'un qui me ronge, de quelqu'un à qui penser, à qui rêver, en qui avoir la foi... ?
Un pas en avant, 10 en arrière, je décroche et raccroche, connecte et déconnecte les bouteilles à la mer modernes. Je rejoue une énième fois cette éternelle ronde des parades amoureuses, où l'on voudrait sauver un peu de dignité, ne pas paraître trop accro ou désespérée. Où l'on voudrait se préserver d'un refus, de l'indifférence et de l'humiliation. Où l'on voudrait avoir l'air détachée alors que l'on s'enfonce dans les eaux noires.
Et puis dans mon cas, à tout cela s'ajoute, l'enfant capricieux qui ne sait pas ce qu'il veut et refuse de sortir de sa cachette le moment venu...
14:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
