25.02.2009
Ce besoin insensé...
Pourquoi a-t-on tellement besoin de lire, d'entendre des pensées, des mots concordants avec les nôtres,
Pourquoi ce besoin insensé de reconnaissance, d'écho, à ce qu'on est, ressent, à ce que l'on vit ?,
Notre quête constante de visions, d'idées convergentes, de longueurs d'ondes communes. Cet émerveillement d'enfant, cet enthousiasme galvanisant quand cela advient.
Pourquoi ce besoin insensé de conformité, de similitude, de ne pas se sentir "pièce unique en son genre", d'"objet vivant non identifié" ?,
Pourquoi ce besoin fou et puissamment organique d'être, de se sentir compris et de pouvoir comprendre, même dans une infime proportion ?
Drôle d'espèce, ces humains...
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22.02.2009
"A un moment nécessaire, une représentation a lieu."
J'aurais aimé que tout cela n'ait pas lieu, toutes ces déconvenues, ces actes manqués, ces volte-face, ces ratures, ces dénouements cruels, toutes ces collisions avec les Autres inutiles et brutales. J'aurais aimé que les particules ne se rassemblent pas, que les acides aminés ne se lient pas. J'aurais aimé que les synapses n'émettent aucune onde électrique ou chimique. Pas de transmission, pas de signal.
J'aurais aimé ne pas connaître le drame des organismes vivants, des organismes pourvus de nerfs et de neurones.
Je n'ai plus envie de supporter la violence qui me cerne. Je n'ai plus envie de générer de la violence pour me maintenir dans la société.
Je ne sais pas si je vais réussir à vaincre la matière et à sculpter mon esprit selon une courbe indolore et inoffensive. Je ne sais pas si je vais réussir à faire abstraction et endormir toutes les zones sensibles. Je ne sais pas si je pourrais me contenter de ce que j'ai, sans jamais espérer autre chose. Je ne sais pas si je vais réussir à renoncer à l'amour et au schéma social.
Je ne sais pas si je pourrais accepter ma vie telle qu'elle est, à envisager un autre chemin, à accepter ma différence irréversible et mon inadaptation.
Je ne sais pas si je vais réussir à créer la représentation mentale nécessaire à ma paix intérieure.
A changer les paramètres qui conditionnent un possible bonheur.
Je ne veux pas comprendre, remettre en cause ou pardonner, je veux juste arrêter cette cisaille du monde extérieur sur ce que je suis. Et pour cela, je ne sais pas si je choisirai la reconstruction ou l'autodestruction.
(Détail sans importance : D. a finalement annulé notre rendez-vous... à la dernière minute.)
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14.02.2009
L'étrangère dans le miroir
C'est effrayant de surprendre certaines de ses (arrière-) pensées, idées, un peu comme on prendrait l'ami(e) le plus proche, en flagrant délit, comme on découvrirait soudain avec stupeur qu'il ou elle est un(e) Autre, qu'il ou elle tient le couteau, que tout se déforme et se renverse. Effrayant de penser que l'on ne peut avoir confiance en personne même pas en soi-même...
C'est effrayant de s'observer de l'extérieur, ce dédoublement de soi, cette étrangeté à soi.
Effrayant de réaliser le "mauvais", le "mal" qui nous habite, malgré soi.
Invisible mais odorant parfum noir et amer qui fabrique l'hostilité autour de moi.
J'ai tellement envie de croire que ce n'est pas moi tout ça. Que ce n'est pas le vrai moi.
Mais c'est moi. Une part de moi, inhérente et inaltérable.
Obscure racine de mon coeur que j'aimerais anéantir...
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10.02.2009
Rechute... Zing boom ! (mise à jour)
Dialogue de la raison et du cœur
- Je connais trop ce sourire béat, cette fébrilité, cet excès de gaité soudain...
- (...)
- Je connais trop ces symptômes, ces signes avant-coureurs du danger...
- Tout va bien, je ne suis pas malade, rassures-toi...
- Toutes ces rêveries éveillées qui défilent sur ta surface (à l'eau de) rose et palpitante.
Ces images idéalisées de Lui que tu fais resurgir le soir en te lovant contre le corps molletonné de tes édredons. Ces histoires de cinéma à deux, de mots sucrés et de promenades au clair de lune que je t'ai de nouveau surpris à te raconter.
- (...)
- Tu avais promis.
Tu m'avais promis de résister à tout ça.
- Tu as décidé, je n'ai rien dit. Et puis quand j'ai entendu à nouveau sa voix... Chaude et brune. Sa voix d'homme et d'enfant malicieux. Il y a toute cette complicité d'avant qui a rejailli et qui m'a donné envie d'...
- Espérer ?
Espérer encore, c'est bien cela ?
- Oui...enfin non... juste envisager...
- Que quelque chose avait changé, que quelque chose était possible ? Qu'un déclic miraculeux allait avoir lieu ? La magie, le désir.
- (...)
- Ne comprends tu pas sot et faible ventricule sirupeux que ce que tu crois être un antidote est un poison ? Pourquoi tout foutre en l'air avec ça une fois de plus ? Pourquoi relancer les hostilités et ravager ce petit lopin de paix intérieure que l'on cultivait enfin... ?
- Je... je n'y arrive pas. A renoncer. A refuser ces petites bouillottes gonflées de chaleur que j'aperçois sur le chemin, j'ai envie de m'y accrocher, de m'y réchauffer...
- Mais elles ne te réchauffent pas ! Elles te glacent encore davantage quand tu t'approches et que tu réalises ton incapacité à les serrer contre toi.
Toute cette baudruche ridicule que tu fais gonfler et qui va encore exploser lamentablement au lendemain de ce énième rendez-vous.
- Mais c'est si dur d'affronter la vie ennemie sans aucun recours ni refuge.
J'ai besoin de penser qu'il y a quelqu'un pour me défendre, quelqu'un pour me consoler, quelqu'un de mon côté.
- C'est là tout ton problème, toutes ces charges, ces attentes que tu fais peser sur les épaules d'un pauvre garçon qui ne demande qu'à s'enivrer et étreindre un peu de chair et de courbes douces... Tout ce que tu ne pourras pas lui donner.
Tout ce que tu voudrais ressentir et que tu ne ressentiras pas.
Pourquoi prétendre le contraire ? Pourquoi raviver de vieilles cendres en y jetant l'huile de la confusion et de la frustration ?
- T'emballes pas ! On va juste boire un verre et peut-être manger un morceau... Passer un bon moment... Comme des tas de gens...
- Oui des tas de gens normaux. Ce qui n'est pas ton cas, faut-il encore te le rappeler ?
Il est temps de l'admettre et d'arrêter de vouloir faire comme tout le monde.
- Je ne peux pas vivre recluse...
- C'est peut-être le prix pour un peu de sérénité...
- La sérénité est-elle synonyme de bonheur ?
- A quelle comédie allez-vous jouer cette fois ? Celles des relations professionnelles qui parlent gros chiffres, opportunités et partenariats avec un air sérieux et soucieux, celle des « juste amis » ou encore pire cette fausse séduction que tu vas entretenir à coup d'allusions ambigües, tous ces voyants verts que tu vas allumer avant de repasser au rouge au moment de se dire au-revoir, tout ce désir que tu vas tenter d'apprivoiser, d'attiser en toi. Et puis rien, tu resteras vide et pétrie d'espoir déçu. Il ne comprendra pas, t'en voudra. Il redeviendra un homme sable. Définitivement cette fois sans doute. Ton désert sera plus vide que jamais.
- J'aimerais que l'on se prenne les mains, enfouir mon visage dans son cou et sentir ma taille enlacée, blottie contre lui. J'aimerais juste me sentir un peu vivante... J'ai froid, tu sais...
- Achète un autre radiateur.
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Chers yeux qui passez par là, bientôt vous trouverez ici un petit texte relatant mes derniers états d'âme et ma lutte pour résister aux sirènes du grand espoir menteur...
En attendant, je dois hélas m'occuper du corps qui, comme toujours, réclame à hauts-cris, un peu d'attention de ma part... Direction : le grand bleu
A bientôt et bon dimanche à vous !
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01.02.2009
Re-voeux-nant
"Avec le temps je commençais à remarquer que les bonnes choses n'arrivaient que lorsque j'avais renoncé à les espérer. Si c'était vrai, l'inverse devait l'être aussi : trop espérer les empêchait de se produire." (Paul Auster in Moon Palace)
Parmi les « bonnes », les « excellentes », les « wonderful » années souhaitées par les armées corporate, j'ai trouvé les vœux de celui dont je n'espérais plus revoir un jour s'inscrire le nom dans les colonnes d'Outlook. « D ». Un homme-sable qui se re-matéralise... Même virtuellement, c'est déjà en soi un petit miracle. Oh, il n'y avait là rien de personnel, une formule laconique et prête à l'emploi, toute aussi stéréotypée que les autres. Mais elle venait de Lui et elle m'était destiné. Parmi une liste d'autres noms et d'arobases, certes, mais pour une fois, j'étais sur la liste.
Il avait pensé à moi. Il s'était souvenu de moi. Peut-être même qu'il ne m'avait jamais oublié jusqu'ici, que je continuais de faire de la résistance dans un petit coin de sa mémoire affective, que mon image, que nos discussions conservaient encore une consistance, une valeur quelque part à l'intérieur. Une ultime nouvelle chance m'était offerte. J'étais de nouveau autorisée à lui parler, à appuyer sur la touche « répondre » et à retisser le lien, à tendre un nouveau pont. Mais quel pont ?
Le pont neuf, celui des amants ou celui d'Avignon où l'on ne fait que danser...et tourner en rond...
Le temps a passé mais le dilemme est toujours là. Comment faire pour ne pas le perdre à nouveau, ne pas tout gâcher ? Je l'aime. J'aime ce qu'il est, son être, sa grâce un peu nonchalante, sa susceptibilité-sensibilité, sa chemise blanche qui dépasse de sa veste, ses vannes de gentil qui essaie d'être méchant, ses airs d'adolescent attardé, de glandeur malgré tout bosseur (sans avoir pour autant cette odieuse ambition qui dévore tout), cette innocence et insouciance qu'il a gardé. Et puis toute cette vie qu'il a en lui, le répertoire de son portable plein à craquer, ses amis qui ne cessent de l'appeler pour aller boire un mojito, ce concert qu’il "descend" voir à Aix, cette inconnue de 10 ans de plus que lui avec qui il couche joyeusement, toutes ces choses qu’il fait, qu’il improvise, ces lieux, ces rendez-vous où il va, tous ces gens qui l’aiment. « D » est aimable, le monde ne lui est pas hostile. « D » est cool, le monde est une aventure. Il me touche. Il y a cette émotion attendrie qui m’envahit et me fait fondre. Je l’admire.
Je l'ai immédiatement aimé et reconnu. J'ai reconnu les courbes de son esprit qui épousent les miennes. C'est mon « genre ». J'étais portée vers lui, instinctivement. Je savais.
J'ai envie de passer du temps avec lui, de lui parler, de l'écouter. J'ai envie de sa présence, de sa voix, de son attention, de savoir qu'il est là pour moi.
Mais... mais...
C'est injuste, c'est superficiel, frustrant... Le paraître, l'enveloppe extérieure, ce qui ne compte pas. Je n'arrive pas à l'aimer aussi. Un soir, pourtant, j'ai cru que c'était possible et j'ai pris peur. J'ai pris peur de cette équation inconnue jusqu'alors : l'amour, le désir réciproque. Apprivoiser la géométrie de son visage, voir le charme, la beauté qui s'en dégage mais tout s'est évanoui au lendemain, et il ne restait plus qu'une image indésirable que j'ai eu envie de fuir, honteuse...
Il y a cet effort que je dois faire. Cette abstraction, cette victoire de l'esprit sur la matière qui m'échappe et j'enrage. Voir « D » avec les yeux de l'amour et du désir, m'affranchir du jugement froid et objectif.
Alors que dire, faut-il recommencer ce même chassé-croisé, ces pas qui avancent et reculent sans cesse. Est-ce qu'il faut rejouer cette comédie de la séduction au risque de le perdre définitivement et laisser ma peau sur la lame de la déception ? Non. Je ne veux pas prendre ce risque. Je ne veux pas nourrir les bouches cruelles de l'espoir. Je dois puiser la force de ne pas projeter sur lui tous mes manques de femelle désespérée, programmée pour rechercher « l'homme de sa vie ».
Je dois repousser avec la vigueur de l'équipage, cette houle aussi puissante que trompeuse d'espoir ressuscité qui souffle vers moi. Me résigner au fait que je ne le désire pas et l'exempter, l'exonérer de toutes ces charges d'attentes qui s'avèreraient sans objet...
Javelliser ce sirop poisseux qui se remet à perler sur mon coeur, purger, déraciner toutes ces petites pousses qui pointent, avorter ces embryons dans mon ventre avant qu'il ne soit trop tard.
L'envisager comme « un ami » ; un « simple ami ». Pas si simple...
11:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
